Banned From Chicago – 1978

Alona’s Dream Records

Banned From Chicago se forge autour de deux personnalités : Gary Belson et Al Maddy. Le premier vient d’une famille d’artistes de la banlieue nord de Chicago qui l’encourage à tenter une carrière professionnelle. Il assiste souvent à des concerts de rhythm’n’blues au début des années 1960 et forme son premier garage band : The Herd. Lorsqu’il rencontre Maddy dans les années 1970, la magie opère et les deux amis se mettent à composer des chansons à la guitare acoustique. Le travail de Maddy se situant dans une zone industrielle, à la nuit tombée il invite Belson à le rejoindre pour tester leurs nouvelles compositions sur des guitares électriques. Le résultat est prometteur et leur donne l’idée de se mettre en quête d’un bassiste et d’un batteur. Ils repèrent dans un premier temps Ron Bufford, féru de jazz et de R&B, marqué par les Beatles qu’il a la chance de voir en concert en 1965. Celui-ci est d’accord pour les rejoindre à la basse tandis que Paul Stukin se retrouve peu de temps après à la batterie. Ce dernier est déjà manager pour différentes formations locales, mais un jour, contraint de se retrouver derrière les futs suite à un désistement, il va s’avérer être un excellent batteur naturel. Banned From Chicago, ainsi constitué, distille dès ses débuts un punk-rock classieux, aux mélodies géniales et inventives. A la base, il ne s’agit pas officiellement d’un combo punk mais, en 1977, il est stratégique de surfer sur cette mode pour espérer l’adhésion du jeune public.

Après avoir écumé les clubs, ils prennent la décision d’enregistrer une démo en février 1978. Ce sont ces huit morceaux, inédits jusqu’en 2018, qui se retrouvent compilés sur cet excellent album restituant toute la qualité du songwriting du groupe. Toutes les chansons sont superbes, avec un hit magnifique, « Can’t X-Plane », situé en première plage. Leur son propre et rond surprend, autant que le niveau de jeu déployé. La voix, au charme indéniable, est étonnement réverbérée, comme aurait pu le proposer un gang garage des sixties. Toutefois, la formation, qui a de grandes ambitions, ne se contente pas de ces démos et préfère rejoindre New York pour tenter sa chance dans un lieu réputé plus ouvert. Ils ont peu de ressources sur place et deviennent le groupe qui « dort dans sa voiture ». Cela ne les empêche pas d’acquérir une certaine réputation dans les milieux branchés de Manhattan. Ils décrochent même un concert au CBGB, le lieu qui réunit toutes leurs idoles : les Ramones, Richard Hell, les Dead Boys ou Gary Valentine. Mais, Stukin, suite à une peine de cœur, retourne à Chicago. La bande restante se voit contrainte de changer de batteur en catastrophe, juste avant une tournée des clubs. Belson, découragé par ces difficultés, décide de redéménager le groupe vers sa ville d’origine : Chicago. Il tentera, sans grand succès, de faire survivre la formation. Maddy et Bufford, quant à eux, resteront sur New York afin de poursuivre une carrière en adéquation avec leurs rêves de musiciens, le premier jouera même avec les Nitebeats, combo lié aux Voidoids et aux New York Dolls, avant de rejoindre Joey Ramone.

Extrait de « Punk Outsiders 1975 – 1985 – Les meilleurs albums de l’underground punk international » par François Ibanez, chez Camion Blanc